Préambule :

 
Définition du terroir : l’ensemble des facteurs naturels (climat, sol, sous-sol, hydrologie) et humains (usages et savoir-faire) qui président à la culture de la vigne et à l’élaboration du vin.
 
 

Ses caractéristiques

 
La zone géographique de l’Indication Géographique Protégée « Charentais » s’étend sur la totalité des départements de la Charente et de la Charente-Maritime.
 
Elle correspond à la terminaison nord du bassin aquitain et s’inscrit entre les abords de l’estuaire de la Gironde au sud, l’océan Atlantique à l’ouest jusqu’au marais poitevin au nord et les premiers contreforts du Massif Central à l’est.
 
Elle est traversée par le fleuve Charente et se présente sous la forme d’une succession de plaines au relief peu marqué.
 
Le substrat géologique est principalement constitué de roches sédimentaires accumulées au fond de la mer durant l’ère secondaire.
 
Les sols les plus fréquemment rencontrés sont de nature argilo-calcaire sur calcaire, comme dans le secteur de Saint-Sornin, mais peuvent présenter une certaine diversité selon leur degré de décarbonatation et leur teneur en argile. Des sols plus sableux sont observables sur les secteurs côtiers et sur les îles de Ré et d’Oléron.
 
Les sols de champagne : Ce sont des sols argilo-calcaires assez superficiels sur calcaire tendre, crayeux du cétacé. On y trouve fréquemment des fossiles. La teneur en calcaire total est très élevée dès la surface et peut dépasser 60%. Les argiles de type montmorillonite confèrent à ces sols une bonne structure, une fertilité élevée et une réserve en eau correcte. Malgré leur faible épaisseur, ces sols craignent donc peu la sécheresse, d’autant que le sous-sol poreux permet des remontées capillaires : il se comporte comme une énorme éponge au travers de laquelle l’eau peut lentement remonter au fur et à mesure que la sécheresse estivale s’accentue.
 
Les groies : Les groies sont comme les champagnes, des sols argilo-calcaires superficiels mais rouges et très caillouteux, d’un calcaire dur du Jurassique. Conséquence agronomique : le sous-sol filtrant oblige les racines à se faufiler entre les blocs de calcaire pour chercher l’eau en profondeur.
 
 
Les argiles : Ce sont des sols très argileux en surface : jusqu’à 60 % d’argile. La roche mère est constituée soit d’argiles lourdes rouges ou vertes, soit de marnes, soit de gypse, soit de cailloutis calcaires descendus des coteaux voisins à l’ère tertiaire quand le climat tropical faisait couler de puissants fleuves dans la région. Ce sont des sols réputés difficiles : du fait de la topographie et de l’importance de l’argile, ils rendent leur humidité très lentement. Quand l’excès d’eau se prolonge trop longtemps, les racines ne peuvent se développer en profondeur et la vigne souffre ensuite de sécheresse. Aussi certaines parcelles sont elles drainées. C’est grâce à ces inondations chroniques que ce secteur fût épargné par le phylloxera.
 
Les sols silico-argileux : Dans cette catégorie disparate se retrouvent des sols peu ou pas calcaires en surface bien qu’ils reposent en général sur un substrat calcaire. Dans plusieurs secteurs, les horizons superficiels sont des argiles à silex. Ailleurs ce sont des dépôts exogènes (limons, sables) plus ou moins épais qui ont recouvert le calcaire. On obtient alors des sols appelés « varennes » (tendance argileuse) ou « doucins » (tendance plus limoneuse qui les rend doux au toucher). Les argiles de type kaolinite, peu gonflantes et la proportion élevée de limons fragilisent la structure de ces sols souvent battants et compactés. Ce sols sont souvent « évolués » : au cours du temps l’argile s’est accumulée en profondeur et constitue un horizon imperméable, ce qui les rend parfois sensibles à l’excès d’eau, d’autant plus que les faibles pentes ne favorisent pas son écoulement. Faible pierrosité en surface, faibles pentes et rémanence de l’eau au printemps donnent des sols plutôt « froids ». La vigueur de la vigne est difficile à maîtriser dans de tels sols profonds et assez riches en matière organique.
 
Les sables : Ce sont les sables que l’érosion a apporté du Massif Central, appelés sidérolithiques. Ce sols sableux sont assez pauvres et très filtrants, provoquant des stress hydriques qui peuvent être marqués. En contrepartie ils se réchauffent vite et sont assez précoces.
 
Cette zone géographique bénéficie d’un climat océanique tempéré assez homogène caractérisé par un fort taux d’ensoleillement et une bonne répartition de la pluviosité tout au long de l’année. La température moyenne annuelle est de 13 C° environ.
 
Les hivers sont doux et humides, compte tenu de l’influence océanique, et les étés chauds peuvent s’accompagner d’une période de sécheresse. Les pluies annuelles se répartissent sur près de 150 jours par an et s’élèvent approximativement à 800 mm. Ainsi, au terme de la période de végétation de la vigne (avril-septembre), le bilan hydrique est souvent équilibré. Le vignoble de Saint-Sornin, situé au pied du premier mont du Massif Central, sur le secteur le plus élevé des Charentes, connait toutefois une pluviométrie plus importante proche des 1 200 mm/an, ce qui permet d’assurer une bonne vigueur à la vigne et une bonne régularité des rendements.
 
Le littoral offre quant à lui un climat plus sec et ensoleillé avec des amplitudes thermiques journalières et des écarts de températures inter saisonniers moins marqués que dans les terres. Le débourrement est ainsi plus précoce sur les îles de Ré et d’Oléron, mais la maturité est plus tardive.
 
Ainsi, le climat océanique très doux de la zone, le fort ensoleillement estival de l’arrière saison et les faibles écarts de températures génèrent une lente mais forte maturation des raisins. De plus, la teneur modérée en argile des sols permet de maintenir une réserve hydrique suffisante, même en période de sécheresse où le substrat calcaire des sols autorise des remontées d’eau par capillarité. Le territoire offre donc des conditions naturelles propices à la culture de la vigne.