Les premières traces d’implantation d’un vignoble destiné à la production de vins tranquilles dans les Charentes remontent vraisemblablement à la fin du IIIème siècle, période pendant laquelle les Gaulois obtiennent le privilège de posséder des vignes et de produire du vin. Il est localisé dans la province de la Saintonge, correspondant alors approximativement à l’ouest et au sud de l’actuel département de la Charente-Maritime.
 
Ce n’est toutefois qu’au Moyen-Âge, dès 1152, sous l’impulsion d’Aliénor d’Aquitaine et du futur roi d’Angleterre Henri II Plantagenet, que le vignoble s’épanouit véritablement pour répondre à la demande de la noblesse anglaise, danoise et norvégienne. Sous l’influence des demandes toujours plus nombreuses, le vignoble s’étend vers l’est, à l’intérieur du pays et plus particulièrement sur la rive gauche de la Charente. Cette extension du vignoble est liée à la présence du fleuve Charente qui favorise le développement du commerce du vin qui est expédié par bateau depuis les ports de la bordure atlantique. A partir des XIIIème et XIVème siècles, des cépages plus qualitatifs, tels que le Colombard, sont plantés en vue de la production de vins blancs.
 
Vers le XVème siècle, les Hollandais, présents dans la région depuis le XIème siècle pour le commerce du sel, expédient en grande quantité les vins produits aux portes de Cognac vers l’Angleterre, la Hollande et les pays scandinaves.
 
Dès le début du XVIIème siècle, la qualité des vins de la région est reconnue : en 1603, Etienne Thevet, chirurgien du prince de Conti, célèbre les vins de l’Aunis (province qui correspond au quart Nord Ouest de la Charente Maritime actuelle et englobe alors les îles de Ré et d’Oléron) et, en 1629, dans son Théâtre de l’Agriculture, Olivier de Serres place ces vins au nombre des meilleurs crus blancs. Encouragés par cette reconnaissance et l’essor du commerce du vin, les viticulteurs continuent à planter des vignes, de telle sorte qu’ils se retrouvent confrontés à une surproduction de vin qui sera distillée au début du XVIIème siècle; marquant ainsi l’origine de la production de Cognac.
Deux siècles plus tard la production de vin charentais avoisine les 4 000 000 hectolitres pour une surface d’environ 100 000 hectares. Après le phylloxéra en 1875, la surface affectée aux vins tranquilles est réduite à 8 000 hectares en 1894. La production de vins tranquilles a alors chuté de 85 % et la superficie antérieure de ce vignoble ne sera jamais retrouvée.
 
Suite au phylloxera, le vignoble local se reconstruit pour atteindre jusqu’à 100 000 hectares à la fin du XXème siècle. La production de vin est alors majoritairement distillée en vue de la production de Cognac.
 
Néanmoins, en raison des difficultés économiques survenues à partir de 1973, la production du Cognac se trouve encadrée et limitée, ce qui incite les viticulteurs à diversifier leur production. Dès lors, ceux-ci s’investissent dans la production de vins tranquilles de plus grande qualité, reconnus par décret « Vin de Pays Charentais » en 1981. Cette même année, 2 000 hectares de vignes sont affectés à la production de « Vins de Pays Charentais ».
 
Les vignerons se concentrent, dans un premier temps, sur la vinification des cépages blancs les plus répandus tels que l’ugni blanc B et le colombard B, mais s’orientent rapidement vers une sélection de cépages plus aromatiques, déjà implantés localement, tels que le sauvignon B, le chardonnay B ou le chenin B. Dès 1985, la production de « Vins de Pays Charentais » se décline dans les trois couleurs. Ce développement de la production de vins rouges s’accompagne également d’un choix de cépages plus « nobles » tels que le merlot N, le cabernet-sauvignon N, le cabernet-franc N, le gamay N et le pinot noir N.
 
Cette sélection de cépages s’inscrit dans une démarche qualitative plus globale qui intègre une sélection de portes greffes mieux adaptés, un meilleur raisonnement de l’implantation des vignes et l’acquisition de nouveaux savoir-faire de vinification par les viticulteurs qui bénéficient alors d’un accompagnement technique de la part des organisations professionnelles agricoles locales.